"Penser le monde qui vient..."
Si les questions liées à l’avenir interrogent, obstinent, agacent, effrayent… c’est qu’il y a urgence à se les poser. Pour étayer les réflexions, Le 106, ce collectif transpartisan de créatifs, chercheurs, entrepreneurs, acteurs du terrain et de l’État, qui propose de « réinventer l’action publique, et faire société à partir des territoires, du vivant et du lien humain, organisait un colloque les 10, 11 et 12 juin dernier à Paris, avec l’ambition de nourrir le débat pour accompagner les changements de la société en faveur de plus de justice, d’inclusion et de respect du vivant.
Si les spécialistes se réunissaient en ateliers les 10 et 12 juin, le 11 juin accueillait le public dans un vaste amphithéâtre de Jussieu – La Sorbonne pour une grande journée d’échanges et de débats. Territoire, école, santé, imaginaires… autant de thèmes portés par une vingtaine d’experts reconnus, comme Cynthia Fleury (philosophe, théoricienne de la société du soin), Arnaud Brennetot (Géographe – imaginaires géopolitiques et manières d’habiter l’espace), Valérie Jousseaume (U. Nantes — géographe, ré-ancrage territorial et relocalisation), Carole Lipsyc (Initiative Contributive & Paris 8 — impact de l’activité contributive), Franck Mouthon (INSERM — prospective de la santé et prévention), Sébastien Podevyn-Menant (UGE & Fondation Jean Jaurès — Observatoire de l’économie / vieillissement de la population) ou encore Alice Guyon (CNRS — neurobiologiste, fondements biologiques de l’empathie et de la coopération), et bien d’autres, pour croiser les expériences du terrain avec la théorie.
Malgré le contexte actuel, l’espoir a su poindre le bout de son nez dès l’introduction grâce au brio des invités et au vif intérêt du public. La journée s’est poursuivie avec la vigoureuse envie de faire émerger des solutions pour pallier les faiblesses de nos systèmes actuels comme un accès plus démocratique à la santé, une régulation des usages de l’IA ou une refonte de l’éducation à l’aune des besoins du XXIe siècle, bien différents de ceux du XIXe. Car la révolution en cours implique des changements majeurs pour l’humanité, et dans cette période charnière, il est de nos responsabilités, individuelle et collective, de tout poser à plat et d’imaginer des futurs souhaitables dans l’intérêt du commun.
Alors bien évidemment, nous y étions, et à double titre !
- D’abord parce que ces sujets sont au coeur de nos préoccupations dans le cadre de la bataille culturelle que nous menons en vue de restaurer la confiance en notre capacité collective à bâtir une société plus juste, inclusive, durable, en bref, plus humaine ! Et surtout une société pacifiée, dans laquelle la différence est une richesse, l’égalité des droits une évidence et le respect du Vivant un impératif. Cette bataille se passe d’abord au niveau des imaginaires, des récits qui nous unissent, nous façonnent en temps que corps social, dans lesquels nous pouvons nous reconnaître, faire ensemble… Exactement à l’opposé de ceux, anxiogènes, véhiculés par des médias mainstream ou par « des algorithmes conçus pour maximiser l’engagement des utilisateurs /…/ en cherchant à capter l’attention, ils peuvent privilégier des contenus extrêmes, polarisants ou toxiques ». (source le Monde / tribune de l’économiste Ekaterina Zhuravskaya )
- Aussi est-ce tout naturellement que Frédérique Bedos a conclu cette journée intense lors d’un échange avec le publicitaire Nicolas Bordas (We are idealist) et Philippe Rio, maire de Grigny (91), en visio. Ensemble, ils nous ont invités à : « Inventer les fenêtres d’Overton positives »… Pour mémoire, ce concept des années 90 détermine le degré d’acceptation d’une idée au sein d’une société. Le co-directeur de l’Observatoire « Marques, imaginaires de la consommation et politique », membre de l’Observatoire de l’opinion, et auteur, C R.Llorca l’explicite ainsi : « Visualisons ça avec une échelle de 0 à 10.
Imaginons que le spectre du dicible et de l’acceptable dans le débat public, c’est entre 4 et 6. Comment faire accepter un propos à 7 ? Parce que si on le dit tel quel, il est condamné. Il suffit, même si ce n’est pas automatique, qu’un autre individu propose quelque chose à 8, pour que, par effet de contraste, le 7 paraisse beaucoup moins radical.
Alors, êtes-vous prêt, ou prête, à ouvrir en grand la fenêtre vers plus de justice, d’inclusion et d’engagement en faveur du vivant ?
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